(Le Soleil-MC) - Comme il arrive souvent dans ce type de sinistre, plusieurs résidants de la capitale ont été touchés par le malheur qui a frappé de plein fouet la quarantaine de personnes qui ont tout perdu, vendredi, dans l’incendie qui a anéanti un immeuble à logements du secteur Sainte-Foy.
Déjà, vendredi soir, alors que des sinistrés étaient hébergés temporairement dans un autobus du RTC avant d’être logés dans des hôtels ou chez des amis, des citoyens accouraient sur la scène afin de donner des vêtements, des jouets et de l’argent aux gens qui avaient tout perdu.
«Pendant que nous nous occupions des sinistrés, un père de famille et son fils sont venus nous voir avec un sac rempli de vêtements et de jouets, rappelle Josée Bélanger, responsable des mesures d’urgence à la Croix-Rouge. Ils ont donné le sac directement à une famille. Quelques minutes plus tard, j’ai rencontré une madame qui m’a demandé comment elle pouvait aider les gens qui venaient de passer au feu. Aujourd’hui (hier), un citoyen s’est rendu à nos bureaux afin de donner de l’argent à notre organisation afin que nous puissions continuer à aider les sinistrés victimes d’une tragédie.
«J’ai travaillé sur plusieurs incendies au fil des années, mais j’ai rarement vu un élan de générosité aussi important de la part de la population pour un seul incendie.»
Certains citoyens se sont heurtés à des portes closes en fin de semaine lorsqu’ils ont appelé des organismes de charité afin de faire des dons directement aux sinistrés.
«J’ai tenté de rejoindre la Croix-Rouge division Québec, mais leurs bureaux sont présentement fermés», nous a écrit une lectrice, Natalie Harvey. «À la division canadienne, ils me disent de contacter l’Armée du Salut. À ce dernier endroit, on me répond d’aller porter les vêtements que je désire donner dans un des conteneurs situés dans la ville, mais que ces vêtements ne seront pas nécessairement attribués à ces sinistrés.»
Après de nombreux appels faits aux organismes de charité, le président de la Saint-Vincent-de-Paul de Sainte-Foy, Grant Regalbuto, a confirmé que la conférence Saint-Louis-de-France s’occuperait de rediriger tous les dons directement vers les sinistrés du 3030, rue de La Forest. Les citoyens peuvent laisser un message au 418 653-4926 ou par courriel, au regalbuto@videotron.ca.
Du côté du CLSC Sainte-Foy, la gestionnaire de garde des mesures d’urgence psychosociales, Suzanne Gagné, rappelle que les sinistrés pourront obtenir de l’aide psychologique dès demain, en appelant au 418 651-2572.
«Si des propriétaires d’immeubles à logements ont des appartements de libre, ils peuvent également appeler chez nous afin de nous donner leurs coordonnées», ajoute Mme Gagné.
Encore hier après-midi, des pompiers de Québec se trouvaient sur les lieux du terrible incendie. Certains semblaient troublés quand le journaliste leur parlait du travail qu’ils ont accompli dans cet enfer qui a brûlé durant de longues heures. «Il y a des gars qui ont eu peur», a confirmé Simon Bolduc, chef des opérations chez les pompiers de Québec. «Plusieurs de mes collègues d’expérience disaient ne jamais avoir vu un feu aussi puissant.»
Les pompiers sont finalement venus à bout de l’incendie aux alentours de 2h du matin. Vers 6h, ils ont dû y retourner afin d’éteindre de petits foyers secondaires qui étaient toujours actifs.
Du côté de l’enquête du Commissariat des incendies, il risque d’être difficile de trouver l’origine exacte du brasier. Pour le moment, l’hypothèse criminelle est écartée.
«La scène est complètement détruite, alors ça complique notre tâche», explique Jean-Pierre Boilard, investigateur au commissariat. «Afin de nous aider, nous travaillons dans un édifice qui se trouve tout près d’ici et qui est presque identique. Ce que nous savons pour le moment, c’est que le feu a débuté au sous-sol, du côté ouest de l’édifice.»
Au sous-sol, il n’y avait aucun logement, mais des espaces de rangement, une salle électrique et le système de chauffage.
«Ce qui est le plus dur là-dedans, ce sont tous les souvenirs de nos enfants et de notre famille que nous avons perdus. Ça, personne ne pourra jamais nous le rendre, et c’est ce qui me rend le plus triste dans toute cette affaire.»
Jennifer Cheng semblait encore sous le choc du malheur qui venait de s’abattre sur elle, son conjoint, sa mère et ses deux garçons âgés de deux et cinq ans, hier, lorsqu’elle a pris quelques minutes de sa journée pour parler au journaliste du Soleil. Mme Cheng et les membres de sa famille font partie de la quarantaine de sinistrés qui ont tout perdu dans le terrible incendie qui a complètement détruit le 16 logements de la rue de La Forest, vendredi soir, à Sainte-Foy. Comme plusieurs autres locataires de cet immeuble, Mme Cheng et sa famille n’avaient pas d’assurances pour couvrir la perte éventuelle de leurs biens.
«Nous venons de la Chine et là-bas, il n’y a jamais d’incendie, car les maisons sont toutes faites en briques, indique celle qui a immigré au Canada il y a 10 ans. Jamais nous ne pensions que nous pourrions tout perdre dans un incendie.»
La semaine, Mme Cheng habite à Montréal pour son emploi. Son mari travaille dans le domaine de la recherche à l’Université Laval. La mère de famille a donc appris la terrible nouvelle à son retour de la métropole en autocar, à l’heure du souper vendredi soir.
«Quand je suis arrivée à mon appartement aux alentours de 18h30, l’édifice était totalement en feu. C’était une scène terrible.»
Heureusement, aucun membre de sa famille n’a été blessé dans cet incendie.
«Quand le feu s’est déclenché, ma mère était chez nous et elle est sortie du logement quand elle a entendu la sonnette d’alarme. Mon mari est arrivé à notre logement vers 17h30, après qu’il soit allé chercher les enfants à la garderie. Nous avions déjà tout perdu et il était trop tard pour sauver quoi que ce soit.»
Dans cette épreuve pour le moins difficile, Mme Cheng dit avoir reçu un bel appui de ses amis d’origine asiatique de Québec. Elle a également beaucoup apprécié l’hébergement de trois jours fourni par la Croix-Rouge dans un hôtel de Sainte-Foy.
«Les gens de la Croix-Rouge ont été très gentils, souligne-t-elle. Lundi, nous allons déménager chez des amis en attendant de se retrouver un logement. Je vais probablement devoir prendre congé lundi, afin de s’installer chez nos amis, pour ensuite retourner travailler à Montréal afin d’amasser des sous pour nous acheter des nouveaux meubles et des vêtements. Nous devrons travailler très fort.»
Publié par : Marcel Charland
à 06:29:34
Permalien
Comments :
Catégories :